Taux d'intérêt négatif

Les taux d’intérêt négatifs, une épée de Damoclès au-dessus de la Suisse ?

Le 18 décembre 2014, la Banque Nationale Suisse (BNS) a adopté une mesure qui a beaucoup fait parler en Europe. En effet, elle a introduit des taux d’intérêt négatifs avant d’abolir le taux plancher du franc suisse face à l’euro quelques jours plus tard.

 

A travers cette politique monétaire plutôt offensive, la banque centrale helvète a voulu diminuer l’attrait pour le franc suisse à l’heure où de nombreux investisseurs l’utilisaient comme une valeur refuge. Il faut dire que l’environnement international actuel caractérisé par des taux d’intérêt bas et une situation économique plutôt tendue ne laissait guère d’autres possibilités pour éviter une hausse du franc et conserver un système bancaire stable et prospère.

 

Pour autant, le maintien de taux bas depuis de longs mois commence à devenir problématique étant donné qu’ils risquent d’affecter la rentabilité des banques et tout particulièrement de celles dont l’activité principale est les opérations d’intérêt. Ces dernières consistent à octroyer des crédits qui sont financés via des dépôts soumis à des taux moins élevés.

 

Jusqu’à aujourd’hui, la pression des taux d’intérêt bas reste supportable pour les banques mais ces dernières doivent veiller à ne pas s’exposer de trop aux risques. Par conséquent, elles doivent se montrer particulièrement attentives pour octroyer les prêts et respecter scrupuleusement les critères qu’elles ont définis en particulier en matière de capacité financière (voir les critères d'octroi d'un prêt hypothécaire en Suisse).

 

Des déséquilibres existent effectivement déjà sur les marchés immobilier et hypothécaire et une accentuation de ces derniers pourraient mettre en grande difficulté les banques et par là même l’économie suisse.

 

 

Les taux d’intérêts négatifs, une bonne nouvelle pour les investisseurs ?

 

L’existence de taux d’intérêt négatifs est une véritable aubaine pour celles et ceux qui veulent réaliser un investissement immobilier.

 

En effet, emprunter pour acheter une maison ou un appartement n’a jamais si peu coûté étant qu’il est possible, à condition de respecter les critères d’octroi d’un prêt hypothécaire, d’obtenir une hypothèque sur 10 ans à un taux compris entre 1,25 et 1,65%. Certaines banques pourraient même se laisser tenter par davantage de flexibilité pour octroyer des prêts afin de faire face à la concurrence toujours plus importante des caisses de pension

 

Mais attention, ce qui s’apparente aujourd’hui à une aubaine pour les investisseurs pourrait bien leur être défavorable sur un horizon de long terme et ce pour diverses raisons :

 

  • Une mauvaise conjoncture économique ou un ralentissement démographique pourrait être tel que l’offre de logements soit largement supérieure à la demande. Une telle situation pourrait aboutir à une baisse brutale des prix de l’immobilier forcément peu propice aux propriétaires

 

  • L’horizon de planification d’un prêt hypothécaire se faisant sur une ou plusieurs décennies, les emprunteurs doivent se préparer à une hausse des taux et donc à profiter de conditions de financement nettement moins avantageuses à long terme. De nombreux ménages oublient ce risque et pourraient faire face à de grosses difficultés financières s’ils ne l’ont pas anticipé. Or, la menace est grande puisque si une brusque remontée des taux est improbable à court terme, les statistiques en disent tout autrement sur un horizon plus lointain

 

  • En cas de prolongation des taux bas, les banques les plus prudentes pourraient durcir les conditions d’octroi des prêts hypothécaires rendant alors plus complexe le travail des investisseurs pour trouver un financement